Derichebourg : Mais que diable allait-il faire dans cette galre ? | Zone bourse

L’investissement de Derichebourg dans Elior interpelle à plus d’un titre. Ce qu’illustre très bien le plongeon de 15% de l’action en bourse, suite à cette annonce. Dans un communiqué diffusé ce matin, Daniel Derichebourg se réjouit d’un accord signé avec le holding du fondateur d’Elior, Robert Zolade, par lequel son entreprise va racheter 14,7% du capital d’Elior sur la base d’un prix de 5,65 EUR par action. Prix qui pourrait monter à 7 EUR par action selon l’évolution du cours de bourse d’ici 2024. Derichebourg détenait déjà 4,9% d’Elior, dont il deviendra prochainement le premier actionnaire avec 19,6% du tour de table. Mais l’investisseur a pris soin de préciser qu’il n’a pas l’intention de lancer une OPA.

Depuis le début 2020 et l’épisode Covid, Elior est au plus mal

Cette opération nous apparaît surprenante. Aucune complémentarité n’existe en effet entre les deux groupes et elle se fait a priori sur une base de prix élevée“, souligne Nicolas Montel, qui suit le dossier chez Portzamparc. L’analyste attendait ce matin d’avoir un contact avec le management pour “mieux comprendre la logique de cette prise de participation“.

Car au-delà du label “services aux entreprises” qu’affichent les deux groupes, ils n’ont pas grand-chose en commun (hormis peut-être une date de clôture d’exercice décalée au 30 septembre). Derichebourg, qui capitalisait avant l’épisode du jour un peu plus de 1,5 Md€, réalise les deux-tiers de ses activités dans l’environnement et le reste dans les supports de type entretien, conciergerie ou surveillance. Chez Elior, c’est la restauration qui constitue le cœur de métier avec environ 90% de l’activité, du moins quand le covid ne bouleverse pas la donne. Le solde est généré par des prestations de services qui se rapprochent de celles de Derichebourg : propreté, accueil, etc. Les activités se recoupent donc à la marge.

L’exercice clos le 30 septembre sera bien plus favorable pour Derichebourg que pour Elior

La vente par Robert Zolade, 81 ans, d’une partie de ses titres ne surprend pas vraiment les bons connaisseurs du dossier. L’identité de l’acquéreur, on l’aura compris, est plus surprenante, d’autant qu’il paie la transaction au prix fort (les actions Elior cotaient 3,03 EUR avant l’annonce), pour se retrouver avec moins de 20% du capital et deux administrateurs. “Le prix de la transaction semble très prometteur pour Elior et démontre la confiance de Derichebourg dans le rebond d’Elior. Cependant, cet enthousiasme pourrait être partiellement contrebalancé par les inquiétudes du marché suite à la sortie de Zolade“, note Yi Zhong, l’analyste d’AlphaValue qui suit Elior.

Ce qui fait un peu vibrer les investisseurs chez Derichebourg, c’est son exposition au marché du recyclage en Europe, dont il passe pour être l’un des consolidateurs naturels. Les activités dans les services seraient presque anecdotiques et un élargissement vers le difficile métier de la restauration collective n’a pas beaucoup de partisans dans la communauté financière. En d’autres termes, le management de Derichebourg n’a pas marqué des points avec cette transaction surprise jugée chère payée. Espérons que cela ne distraira pas les hauts dirigeants de leur stratégie.

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